Carnet d’Histoire… “Timbronne… le retour !” Partie 1

Bonjour

La persévérance, aidée par le hasard, vient de redonner à notre cité un document de première importance pour l’Histoire très parcellaire de sa bastide. De bibliothèques privées en foires aux vieux papiers, ce parchemin daté de 1640, revient dans son «bailliage» d’origine.

1640

Il y est consigné une « Monstre d’Armes» passée à Puymirol le (samedi) 15 décembre 1640, du calendrier Grégorien. Son texte nous dévoile de nombreux renseignements sur les patronymes locaux de ce début du 17ème siècle : données numériques, démographiques, généalogiques, du domaine militaire…Le «Dictionnaire de Trévoux» (1771) donne pour définition d’une Montre : «la revue qu’on fait des troupes pour voir si elles sont complètes et pour en régler la marche et le payement».

La montre passée devant un commissaire, donne lieu à l’établissement de rôles ou listes nominatives des effectifs engagés, transcrits sur parchemin.

1618 - 1648

La guerre de 30 ans

Le document  retrace donc des événements  situés durant cette Guerre

La France y est entrée le 19 mai 1635, en déclarant la guerre à l’Espagne. Elle y gagnera l’Alsace.
Le Moyen-Âge finissant restait cependant troublé par les guerres incessantes. Epées, masses et lances, armures et cottes de mailles attendaient la relève des armes à feu naissantes. Guerres de défense, de conquête, de religions et ligues diverses nécessitaient le recrutement de «mercenaires», la conscription n’ayant pas cours en ce temps. Les levées d’impôts ruinaient notre pays ! Succédant à d’autres, plusieurs Révoltes de «Croquants» eurent lieu, notamment en Quercy où, plus tard (en 1707) d’autres Jacqueries éclatèrent sous le nom de «Révolte des Tard-Avisés».  Louis XIII le Juste (°1601-+1643) eut à régler (trop jeune Roi à 8 ans ! Succédant à Henri IV, son père, assassiné) sous la régence de sa mère Marie de Médicis cette période de guerres, de troubles et de complots internes dus aux alliances croisées. À l’école de Richelieu, dont il soutint la politique, il devint un roi d’autorité mettant en route l’absolutisme que Louis XIV n’avait plus qu’à nourrir. Ayant souffert de l’encerclement du royaume de France par les Habsbourg, dépourvu d’héritier jusqu’à la naissance en 1638 de Louis Dieudonné [futur Louis XIV ; le tableau «Le vœu de Louis XIII», d’Ingres, peint en 1824, évoque de façon poignante cette naissance tardive et inespérée, 5 ans avant son décès !] il joua un rôle capital dans cette période troublée. Il eut à assumer les suites des Guerres de Religions (1562-1598). Ces dernières voyant trois familles liées s’opposer : Les Montmorency (catholiques et protestants), les Guise (catholiques) et les Bourbon (protestants). Le massacre de la Saint Barthélémy à Paris le 24/08/1572 en fut le triste point d’apogée. Louis XIII régla fort bien les dernières rébellions protestantes et la Contre-Réforme catholique (vivace aux 16ème et 17ème siècles). Il mourut le 14 mai 1643 , à 42 ans, après avoir assis l’autorité du Roi et des fonctionnaires durant son règne de 33 ans ! L’enfant-Roi Louis XIV commença donc son long règne sous la régence de Anne d’Autriche, sa mère, en ayant comme premier ministre le cardinal Mazarin.

Puymirol :

Très antique cité, forteresse inexpugnable, aux mains des protestants, elle fut remise par son gouverneur entre les mains de Louis XIII, comme d’autres places circonvoisines, lorsque ce dernier vint assiéger Bergerac en 1621. Le roi en fit abattre les murailles et réduire les fortifications.
Citadelle, «ville militaire», Puymirol, à cette époque 7ème ville de l’Agenais, figurait parmi les 51 places de sûreté accordées, par l’Edit de Nantes (13 avril 1598), aux «Réformés». «Village fortifié», l’état de la généralité de Bordeaux de 1621, nous dit que Puymirol avait 7 soldats en garnison. Son statut particulier, avec ses  cicatrices des Guerres de Religion (1562-1598), faisait de ses populations protestantes des alliées complaisantes du roi de France, moyennant quelques nominations bien pensées à son gouvernement, ou comme «capitaine châtelain».
Le gouvernement de Puymirol, était entre les mains de la famille de Lusignan depuis 1579. Le   Capitaine-Chatelain en était François de Lusignan de 1611 à 1621 ; Julien de Timbronne, Seigneur de Valence occupa cette charge de 1621 à 1636 et son fils Emmanuel (II) de Timbronne l’occupa de 1636 à 1665. Ces fonctions avaient été occupées  par des membres de familles alliées, les Balzac d’Entra(i)gues et les Du Sorbiers de la Tourrasse un siècle plus tôt ! Non loin de là, la puissante famille de Balzac d’Entragues  régnait sur Clermont-Dessus (Clermont-Soubiran depuis 1973)  succédant aux Durfort, aux Jourdain de l’Isle et à la maison d’Armagnac, implantés depuis des temps «immémoriaux»!
En 1649, le duc Bernard d’Epernon écrivit à Mazarin pour demander le gouvernement de Puymirol pour le futur Marquis de Valence… Emmanuel II de Timbronne !

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